⚖️ Expertise CSE : quand la délibération… et le rapport peuvent être annulés



Le recours à un expert par le CSE est fréquent.


Mais attention : une expertise mal cadrée peut être entièrement annulée — y compris le rapport.

Deux décisions récentes de la Cour de cassation du 11 février 2026 viennent poser des règles très strictes en la matière.

📌 1. Une délibération mal rédigée = expertise contestable

La Cour de cassation rappelle un principe fondamental :

👉 Le CSE doit préciser dans sa délibération :

  • ✔️ le fondement juridique de l’expertise
  • ✔️ l’objet précis de la mission

À défaut ?

👉 L’employeur peut contester…
👉 Et son action est recevable, même si le sujet a été discuté en réunion.

⚠️ Autrement dit :

Ce qui compte, ce n’est pas le débat… mais la rédaction de la délibération.

⚠️ Le piège classique

Dans l’affaire jugée :

  • Le CSE vote une expertise
  • MAIS ❌ sans préciser son fondement

Résultat :
👉 Impossible de savoir s’il s’agit d’une expertise légale ou libre
👉 ➜ Contestation ouverte à l’employeur

🧠 2. Un rapport d’expertise… peut aussi être annulé

Et ce n’est pas tout.

La Cour va encore plus loin :

👉 Le rapport lui-même peut être annulé si la mission est irrégulière.

Dans l’affaire :

  • Une société d’expertise est désignée
  • MAIS ❌ aucun expert-comptable clairement responsable
  • ❌ pas de signature de l’expert
  • ❌ aucune preuve de son intervention effective

Résultat :

👉 Nullité du rapport
👉 Refus de paiement
👉 ➜ remboursement de l’acompte

💡 En pratique : un double niveau de vigilance

🔹 Côté CSE

  • préciser clairement :
    • le fondement (projet important, risque grave, etc.)
    • l’objet exact de la mission
  • formaliser proprement la délibération

🔹 Côté expert

  • désigner un expert-comptable identifié
  • garantir son implication réelle
  • signer le rapport

🧭 À retenir

️ L’expertise CSE est un outil puissant
❗ Mais extrêmement formaliste

👉 Une erreur =

annulation

  • perte de temps
  • perte financière
  • On le voit clairement :
    👉 le contentieux de l’expertise CSE devient de plus en plus technique

Et surtout :

Le juge ne corrige pas les imprécisions du CSE ou de l’expert. Il les sanctionne.